Un homme retrouve la femme prise en photo, 15 ans après les attentats du 11 septembre.

Nathan Edwards est photographe originaire d’Australie. Le 11 Septembre 2001, alors que le World Trade Center s’écroule sous les yeux effarés du monde entier, il est à New-York, en train de faire du shopping avec sa femme Kylie. Il reçoit alors un appel de son chef.   

Facebook/ Nathan Edwards

“Un avion s’est crashé sur le World Trade Center, on a besoin que tu ailles là-bas.” Rapidement, Nathan rassemble ses appareils photos et se rend sur les lieux au moment où le deuxième avion percute l’autre tour. Atterré, il dit alors à sa femme :“Ce n’est pas un accident et je risque de ne pas être joignable les prochaines heures” 

Et effectivement, les heures d’après, Nathan apportait au monde les premières images de la pire attaque terroriste de l’histoire des États-Unis.  

Facebook/ Nathan Edwards

Quand il arrive au coeur du drame, la scène est apocalyptique, partout, la mort résonne.

En parcourant les décombres, Nathan découvre soudain une touche de couleur dans le gris du ciel et du sol. Une photo, presque intacte, d’une mère avec sa fille. Une trace de vie unique, des visages souriants et heureux, sur papier glacé. Que cette photo ait survécu alors qu’autour, le reste est réduit en poussière, Nathan n’en revient pas.

Ressentant le caractère extraordinaire de cette découverte, le jeune australien décide de faire un cliché de la scène telle qu’il la voit, sans rien toucher : l’image de cette femme tenant son enfant dans les bras, une simple et tendre photo de famille, au milieu des ruines.  

Facebook/ Nathan Edwards

C’est une vision d’une normalité inouïe, qui demandait à être immortalisée lors d'une journée qui n’avait plus rien de normal. Nathan a ensuite ramassé la photo, pour la confier à un pompier afin qu’il l’apporte aux objets trouvés. 

J’ai comme senti… qu’il fallait que je la mette en sécurité.”  

Facebook/ Nathan Edwards

Les jours suivants, au milieu de toute l’horreur de la situation, c’est surtout cette image qui hante Nathan de questions… à en perdre le sommeil. Cette jeune femme était-elle là pendant l’attentat ? La petite fille a-t-elle perdu sa mère ? Était-ce le père, peut être lui aussi dans les décombres, qui avait cette photo sur son bureau ? 

Alors, Nathan cherche. Il veut des réponses. Sa photo parait dans le New York Post, au milieu de milliers d’images tout aussi terribles. Mais personne ne se manifeste. 

Je voulais savoir qui étaient ces gens. J’espérais tant qu’ils soient encore en vie.

La découverte de cette photo fut pour Nathan un choc et il sent bien qu’il ne pourra pas se sortir du traumatisme de l’attentat sans mettre un nom sur ces visages fantômes. Sa quête devient une obsession, il cherche désespérément à savoir si la jeune femme et sa fille sont toujours vivantes.  

Facebook/ Nathan Edwards

Mais en vain. À cours de solution, Nathan retourne finalement en Australie. Il continue sa vie de photographe, fonde une famille, essaye d’oublier. 

Facebook/Nathan Edwards

Quinze ans après, dans le cadre de la commémoration, Nathan donne une dernière chance à ses recherches. Il utilise un moyen qu’il n’avait pas à l’époque : les réseaux sociaux. Il publie la photo de sa recherche un peu partout, comme ici, sur son compte Twitter : 

 

Twitter/Nathan Edwards

“Je cherche la femme et l’enfant sur cette photo, ramassée dans les ruines des attentats du 11 Septembre.”

Un soir, en partageant la photo sur un groupe de survivants, le pouvoir de Facebook fait son oeuvre et un nom tombe, donné par l’un des membres : Jennifer Rothschild Robinson.

Elle est en vie ! Sa fille, âgée de 16 ans maintenant, vit toujours avec elle et a aujourd’hui une petite soeur.  

Twitter/@NewsNathan

La photo que Nathan avait prise est la première chose qu’il voit en cherchant son nom sur Internet. Il lui envoie donc un message sur le champ et reçoit une réponse le lendemain. 

“Je me sentais incroyablement euphorique, je n'arrivais pas à croire que j'avais enfin réussi à la retrouver !” 

Le photographe a pris ensuite un avion pour la Floride, là où elle vit, afin de la rencontrer. Ces deux étrangers, très émus, sont tombés dans les bras l’un de l’autre, car c’était comme s’ils se connaissaient depuis 15 ans. 

Ancienne employée au World Trade Center, Jennifer travaillait habituellement au 86ème étage de la Tour Nord. Mais le jour des attentats, par chance inespérée, elle avait pris des congés. L’événement l’a cependant profondément affectée, car elle a perdu beaucoup de collègues et deux amis chers ce jour-là. Elle aussi, de son côté, avait cherché à retrouver le photographe.

“J’ai ressenti tellement de choses en recevant son message. Je ne pouvais juste pas croire ce qu’il se passait. J’ai couru vers mon mari en pleurant pour le lui dire, j’étais tellement heureuse, c’était juste… complètement inattendu !”

Facebook/ Jennifer Rothschild Robinson

Jennifer et Nathan sont retournés quelques jours après leur rencontre sur les lieux des attentats. Pour acte de mémoire bien sûr, mais aussi pour refermer une page et dire que oui, un espoir fort né d’une simple image trouvée dans l’adversité a pu permettre cette amitié merveilleuse, quinze ans après !

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