L’honnêteté d’un enfant pauvre émeut l’électricien venu remettre le courant.

"Ça tombe bien que vous soyez venu !", lui dit l’enfant, heureux de le revoir. En entendant cela, João ne sait pas qu’il est sur le point de vivre un moment des plus touchants.

Électricien au Paraná (Brésil), João Neto est un bon travailleur qui aime son métier. Il y a néanmoins une partie de son travail qu’il déteste : couper le courant. 

Cela arrive plus souvent qu’il ne le voudrait. Il n’est pas rare, à Santo Antonio de Platina, que des familles laissent s’accumuler les factures jusqu’à ce moment fatidique. La plupart sont des familles vivant humblement ou vraiment pauvres.

Ce jour-là, il voit une femme assise devant la maison où on lui avait demandé de couper le courant, ses trois enfants pieds nus à ses côtés. Elle sait ce qu’il est venu faire. Mais, en discutant avec lui, elle se rend compte qu’elle devrait toucher son salaire le jour-même et qu’elle pourrait donc payer ses deux factures en retard.

João lui explique alors qu’il est obligé de couper le courant, mais que si elle règle ses dettes, il se ferait un honneur de revenir mettre le courant, ce même jour ! La maman acquiesce et l’électricien s’apprête à partir quand l’un des enfants, Eugénio, lui demande s'il n’aurait pas, par hasard, 1 réal (environ 25 centimes).

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L’homme lui tend alors un billet de 5 réaux, avec la consigne de partager avec ses petites sœurs, et repart, le cœur lourd comme à son habitude dans ce genre de situations. Mais, au cours de l’après-midi, la bonne nouvelle tombe : il doit aller remettre le courant chez cette famille.

Léger comme une plume, il se rend chez cette famille et, en entendant le bruit de son véhicule, les enfants sortent en courant de chez eux, euphoriques : "Ça tombe bien que vous soyez venu !", lui dit Eugénio, tout content.

Évidemment, João se dit que les enfants sont heureux de savoir qu’ils ne passeront pas la nuit sans électricité. Mais c’est là que Eugènio lui tend la main et s’exclame : "Tenez, votre monnaie !"

Pour l’électricien, ce geste a l’effet d’un choc. Il met d’ailleurs quelques secondes à lui dire qu’il ne veut pas de monnaie, mais l’enfant ne comprend pas : "Vous nous aviez bien dit que c’était 1 real pour chacun, non ?". 

João jette un bref coup d’œil par-dessus l’épaule du petit. Comment un enfant vivant dans de telles conditions pouvait-il être plus honnête que bien des personnes qu’il avait rencontrées ? Il refuse alors gentiment la monnaie et s’attèle à la tâche, souriant, laissant couler quelques larmes de bonheur.

Comme il l’explique : "À l'heure où notre pays connaît une crise morale monstrueuse, où les institutions gouvernementales sont toutes contaminées par le vol, la fraude, le mensonge et la corruption, voilà qu’un petit garçon tout sale apparaît et me fait croire que notre pays a encore une chance ! Parfois, on pleure de joie !"

Depuis que João a partagé cette histoire, une onde de solidarité s’est formée pour aider cette famille dans le besoin. On ne peut que leur souhaiter des jours meilleurs où plus jamais, ils n’auront à choisir entre payer leurs factures ou se nourrir.

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